Valeant: Payer cher pour avoir fait payer cher

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Valeant: Payer cher pour avoir fait payer cher

Au cours des dernières années, la pharmaceutique lavalloise Valeant a présenté une forte croissance et offert d’importants rendements à ses actionnaires. En 2014 et 2015, elle se targuait de son approche de vente non conventionnelle axée sur les acquisitions. Durant cette période, elle fit exploser ses bénéfices et ses cotes boursières.

L’échec

En 2016, Valeant a fait l’objet d’une enquête sur ses pratiques de fixation des prix. Selon le rapport, la compagnie a d’abord identifié des cibles de revenus, puis utilisé les prix des médicaments pour atteindre ces cibles. Pour maximiser ses profits avant l’arrivée de génériques équivalents, Valeant gonflait les prix des produits et traitements destinés à sauver des vies de 200 % à 800 %.

En vendant ces médicaments aux hôpitaux, généralement moins regardant quant aux prix, Valeant bénéficiait d’un contexte favorable avec son distributeur privilégié, Philidor. Il s’agit évidemment d’un problème d’éthique et d’une manœuvre douteuse. En a résulté : une perte de confiance envers l’entreprise et ses dirigeants, et la dégringolade de son titre en bourse.

La leçon

La recherche de rendement financier à tout prix peut amener une entreprise à tirer dans son propre but. La fixation des prix est un témoin de la confiance entre une entreprise et son marché. Quand le lien de confiance est rompu, difficile de le rétablir. Valeant a bien tenté de calmer le jeu en remplaçant ses dirigeants et en réduisant ses prix. Mais est-ce trop peu, trop tard ? Mieux vaut jouer franc-jeu en amont que de réparer les pots cassés.

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